Contenu éditorial

Territoire à l'Honneur - Nuit de Hutte Flandre

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Bonjour Monsieur BOREL, vous pouvez nous présenter votre domaine de chasse ?

Il vous faut savoir que nous nous situons sur l’un des points les plus hauts de la carte de France, à 4 km à vol d’oiseau de la frontière belge et à 6 km du littoral, en plein cœur de l’un des plus grands polder d’Europe, près de 4600 ha qui dès le 16ème siècle ont été gagnés sur la mer à grand renfort de construction de digues, canaux et moulins à vent et à eau. Le paysage est aujourd’hui constitué de terres agricoles, un limon léger et sableux ou la présence de l’eau est toujours présente. Nous sommes toujours classés en « zone humide » par le Département à l’arrière de la barrière dunaire du littoral ou coexiste des paysages variés constitués de près salés, les petites moères d’Hondschotte (marais constitués de tourbe) et un réseau de petits canaux appelés ici les « wateringues ».

Quels sont les atouts de cette région pour la chasse aux gibiers d’eau ?

Nous sommes situés sur un couloir naturel de migration, autant vous dire que tout commence ici et tout continue ici, car la migration est constante et progressive, ce qui nous permet de chasser dès l’ouverture de la chasse au gibier d’eau, cette année fixée au 21 août, jusqu’au 10 février date de la fermeture.

La migration au gibier d’eau n’est elle pas une question d’hivernage ?

Bien sûr, nous attendons tous la grande migration d’automne mais la passée est régulière et surtout riche dans sa biodiversité ; Les anatidés (canards et oies) représentent le grand des effectifs mais les limicoles (bécasseaux, chevaliers, etc.) sont également nombreux en ce début de saison. Par ailleurs, le mois de septembre est très attendu par les chasseurs de gibier d’eau et la grande amplitude des journées autorise l’observation de belles passées crépusculaires et espérer quelques boutées de sarcelles.

 

Vous avez donc déjà des clients ?

Et Monsieur BOREL d’ouvrir le carnet de hutte et de lire à haute voix

« Cette nuit, malgré un fort brouillard et quelques poses non tirées, il a été prélevé 3 sarcelles et 1 siffleur sur plusieurs poses ».

 

 

Quel est la capacité d’accueil de votre Hutte ?

Lorsque j’ai acquis cette hutte, il y a environ une dizaine d’années, je la transforme totalement en vue d’y apporter une réelle qualité de service. Cette hutte, en partie enterrée peut accueillir 5 personnes et offre autant de couchages, elle dispose de 4 pièces de vie séparées dont chambres, cuisine équipée, douche et wc avec électricité et eau courante, auquel s’ajoute, une zone de tir attenante et des « pas de tir » extérieurs, aménagés qui surplombent une flaque d’1,5 hectare, en eaux peu profondes, ce qui permet une recherche facilité du gibier.

Les réservations peuvent se faire toute l’année à partir du site internet www.nuitdehutteflandre.fr sur lequel le planning est en ligne et même, aujourd’hui, sur le site Liberty Chasse.

 

Vous semblez être sensible à cette notion de service ?

Sans équivoque, je me positionne comme un acteur du tourisme cynégétique avec la volonté de rendre la destination chasse plus agréable – le niveau d’équipement de cette hutte en est l’exemple – Le prix varie selon l’époque et le niveau de prestation choisi, de 50 à 90 euros par personne sur la base d’une équipe de 5 personnes constituée. Même si certains habitués viennent avec leurs oiseaux, nous mettons à leur disposition nos appelants qu’ils disposent sur les palettes flottantes et les autres cages de rappel situées hors eau.

 

La nuit de hutte reste donc une affaire de passionnés ?

La hutte est le loisir cynégétique traditionnel, très identitaire du littoral et la plupart de nos clients sont effectivement passionnés et autonomes ; Pour autant, nous proposons également une offre de service très complète, dont la mise à disposition d’un service traiteur sur le thème du poisson ou du gibier, avec un cuisinier qui dispense quelques astuces culinaires sur fond d’histoire des Flandres et d’un discours pédagogique sur l’art de chasser les oiseaux migrateurs. Cette offre de service s’adapte parfaitement aux chasseurs qui ne connaissent pas ce mode de chasse ou à des clients qui veulent établir ou fidéliser des relations d’affaire.

 

Comment voyez-vous l’avenir de la chasse, êtes vous de ceux qui y voient des difficultés à venir ?

Des difficultés, non, mais une vision plus exactement. Je suis un militant de la chasse, il me plait  de gérer et de restaurer des milieux naturels comme autant de sources de biodiversité. Je dispose d’autres territoires, tels qu’une platière ou je développe une offre de chasse à la journée sur le thème de l’oiseau migrateur. Par ailleurs, je suis de ceux qui considèrent que le tourisme de nature à un réel potentiel en Flandre maritime, je souhaite professionnaliser le rapport à la chasse, dans son offre de service certes, mais également dans un rapport pédagogique ; J’imagine la mise en place d’un «  brevet migrateur » pour faire reconnaître la spécificité de cette chasse, à l’instar du brevet grand gibier.

 

C’est sur ces dernières paroles que nous quittons Bernard Borel, non sans ce faire surprendre à notre sortie de hutte, par une bande de vanneaux qui avait profitée de la quiétude des lieux pour s’y reposer.

 

Retrouver plus d’information sur cette Hutte dans notre thématique « Nuit de hutte ».

 

Administrateur Liberty Chasse.

Lille – le 07.09.2016

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