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Honneurs aux Présidents des chasseurs de France

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Présidents des chasseurs de France

Honneurs  aux  Présidents des chasseurs de France

A l’heure, ou la plupart des éditos font leur – Une -  avec l’élection du nouveau Président de la Fédération Nationale des Chasseurs de France, parfois sous forme d’une simple dépêche AFP, il nous paraissait intéressant, en comparaison, de revenir sur le parcours des hommes,  dont celui  de Bernard BAUDIN, en sa qualité d’ancien Président de la FNC de 2010 à 2016, non pas comme un « standing ovation » mais comme un rappel de leurs parcours, des acquis qu’ils ont apporté au monde de la chasse et enfin d’ apprécier la portée de leurs engagements.

Bernard BAUDIN a pris la tête de la FNC pour la première fois, à l’âge 67 ans, pour autant il n’était pas un inconnu du monde cynégétique et politique. Retraité de l’Education Nationale et longtemps directeur d’un établissement spécialisé, il a commencé sa vie publique comme Conseiller municipal puis comme Maire d’une petite commune de montagne des Alpes maritimes, élu Conseiller municipal à la Mairie de Nice en 2008 et Conseiller communautaire de la Communauté Urbaine Nice Côte d’Azur, Parallèlement, il a été Conseiller régional de Provence Alpes Côte d’Azur de 2004 à 2010. Membre du Conseil Economique, Soical et Environnemental (CESE), il a été réélu en mars 2016 comme Conseiller Régional en région PACA.

Passionné de chasse, il devient Président de la Fdc des Alpes Maritimes dès 1988 et préside le regroupement des Fédérations Départementales des Chasseurs de la grande région Midi - Méditerranée. Fidèle à sa passion pour la chasse en montagne, il préside aux destinées de l’Association Nationale des Chasseurs de Montagne de 1992 à 2004. Il est élu à deux reprises comme Président de l’ONCFS de 2004 à 2009 avant d’être élu au Conseil d’administration de la FNC  en juillet 2010 avant  d’en devenir son président, au premier tour de scrutin le 21 septembre 2010 et dernièrement en 2013 avec 74% des suffrages en sa qualité d’unique candidat.

En comparaison notre nouveau Président, Willy SCHRAEN ferait presque figure de jeune premier.

 Il  a  certes été élu Conseiller municipal dans le village de Broxelle dès l’âge de 18 ans et est toujours Conseiller municipal à Bayenghem lez Eperlecques, ville de 984 habitants ; Autodidacte il crée sa première entreprise de négoce de fleurs à l’échelle européenne dès l’âge de 22 ans et est toujours aujourd’hui chef d’entreprise et investisseur immobilier.

Il est surtout passionné de chasses,  au gibier d’eau,  au petit gibier en présence de ses chiens et pratique également la chasse au grand gibier. La région des Hauts de France, par sa diversité de paysages, permet tout cela, alors il ne s’en prive pas et est également passionné de pêche et fait partie d’un club de pêche en mer.

 Dans le monde cynégétique, Willy SCHRAEN, après avoir été élu en 2007 en qualité d’Administrateur de la Fdc62, est finalement élu comme  son Président en 2010 puis renouvelé en 2016 ; il préside aussi le regroupement de la Fédération Régionale des Chasseurs du Nord pas Calais. Il est également Président de l’Institut scientifique Nord Est Atlantique (ISNEA) depuis 2012. Il  est l’un des fondateurs de cet organisme, avec d’autres présidents de fédérations des chasseurs, destiné à améliorer  les connaissances sur l’ensemble de la faune migratrice et sédentaire. Il a contribué sur un plan politique à ce que la Commission Environnementale des Hauts de France soit tenue par des personnalités du monde de la chasse. Il entre finalement à la tête de la Fédération Nationale à l’âge de 47 ans.

Deux Hommes, deux styles, l'un faisant de la politique comme un Art de vivre, l'autre qui  "aujourd'hui" s'autorise à cotoyer les politiques pour peser sur l'échiquier et faire avancer les idées cynégétiques.

Les engagements cynégétiques et politiques de Monsieur  Bernard BAUDIN sont naturellement plus nombreux que ceux de notre nouveau Président, longévité oblige.

« Le monde de la chasse, à mon sens, n’est pas encore assez attributaire de fonds publics. Nous n’avons jamais vraiment voulu y aller, de peur de vendre notre âme, de perdre notre indépendance, sans doute. Seulement, cela ne favorise pas le rapprochement avec les services de l’état. A force de vouloir rester autonomes, en réalité nous nous sommes isolés ». Une telle déclaration résume à elle seule les orientations de son  premier mandat.

Pour faciliter l’obtention des subventions et donner par la même une reconnaissance publique à la chasse, la démarche de partenariat stratégique de la FNC a réellement commencée dès 2008, par la signature d’une convention de partenariat avec le conservatoire des espaces naturels. En 2010, une convention signée avec l’Agence Nationale du Service Civique a permis de faire reconnaître la chasse comme étant d’intérêt général, une autre convention de partenariat  est signée avec le Ministère de l’Agriculture et l’ONCFS, qui vise à garantir de manière permanente une surveillance sanitaire de la faune sauvage, et plus particulièrement des espèces d’intérêt pour la chasse, s’en suivront bien d’autres à tel point que le monde fédéral aurait multiplié par 118 les subventions de l’état en 8 ans, selon certains de nos détracteurs.

Il fallait bien cela pour peser sur l’échiquier politique et se placer en qualité d’expert en connaissance et gestion de la faune sauvage, car dès fin 2012 se profile une toute autre épreuve : la menace de la création de l’Agence Française de la Biodiversité (AFB), un mastodonte qui s’inscrit dans la stratégie nationale et européenne de la biodiversité, ses missions devant couvrir « la connaissance, le conseil, l’expertise, la formation, la communication, la gestion du patrimoine naturel et la surveillance des milieux, la police de l’environnement et l’action internationale » et regrouper, in fine, après de nombreuses préfigurations 4 grands organismes existants ( Agence des Aires marines, ATEN, ONEMA , Parcs nationaux de France), mutualisant leurs effectifs, leurs moyens financiers accrus ( de l’ordre de 310 millions d’euros) et chargés de mettre en œuvre les partenariats avec l’ensemble des acteurs de la biodiversité.

La question qui lui était alors posée « était » et « est » toujours une question de survie : fallait-il laisser l’ONCFS, partenaire historique de la FNC, intégrer l’AFB pour espérer mieux contrôler de l’intérieur ou rester associé avec l’ONCFS pour partager le champ d’expertise cynégétique  et espérer continuer à exister ?

 La question reste entière d’autant plus qu’un rapport de la cour des comptes rendu en juillet 2012 pointe la composition du conseil d’administration de l’ONCFS, dans lequel « les représentants des chasseurs ont une majorité d’influence qu’ils ne manquent pas de revendiquer ni d’exercer ». Sur les missions scientifiques qui incombent à l’établissement public, la Cour est également très critique: elle pointe «l’insuffisante diversification des partenariats de l’établissement dans ses activités d’observation, d’études et de recherche qui nuit à l’indépendance et à la reconnaissance de certains travaux de l’ONCFS concernant les espèces chassables, dès lors que les intérêts des milieux cynégétiques sont en jeu».

Le projet de loi a finalement été voté fin janvier 2016 et l’Agence Française pour la Biodiversité devrait être effective au 01 janvier 2017, sans l’ONCFS ni l’ONF qui ont souhaité garder leurs entières entités.

Parallèlement et compte tenu de cette échéance, la FNC a voulu soigner son image et clarifier le rôle de la chasse et des chasseurs dans la préservation et la gestion de la faune sauvage et des espaces nature.

Elle a confié son image à une nouvelle agence de communication web,  a orienté une communication plus sociétale qu’institutionnelle avec les chasseurs voulant préserver ses effectifs et y intégrer des nouveaux chasseurs (JCF),   a confié la réalisation de deux études socio-économiques à un cabinet d’analyse stratégique et de  prospective économique en vue de peser sur le nouvel échiquier, a entretenu un lobbying politique certes coûteux et parfois critiqué, a multiplié les opérations de communication avec le grand public par la présentation de sa diversité au sein des Salons de la Chasse,  a initié l’opération « un dimanche à la chasse » qui rassemble chasseurs et non-chasseurs sur le terrain, s’est inscrite dans des œuvres sociales et caritatives en nouant un partenariat avec les banques alimentaires par l'InterProchasse, qui réunit les acteurs de la filière, mais aussi  a su monter au créneau lorsque ses intérêts étaient attaqués par une presse malveillante, des ONG anti-chasses ou encore, lorsque le projet loi de finance 2016 prévoit de prélever plus d’1 million d’euros sur le produit des redevances cynégétiques pour l’affecter au financement du budget général de l’état.

 Enfin, le président Bernard BAUDIN d’affirmer que pendant son mandat, « nous sommes passés d’une chasse cueillette presque insouciante à une chasse gestion et nous entrons désormais dans une chasse durable qui suppose d’assurer la pérennité des espèces chassées, l’intégrité des territoires, le maintien du nombre de chasseurs mais aussi accepter de se remettre en cause pour mieux s’adapter à la société actuelle ».

Le nouveau Président Willy SCHRAEN s’est fait élire par le conseil d’administration pour 3 ans, par 16 voix sur 26 soit une majorité confortable, en même temps que les autres membres du bureau. L’on peut imaginer qu’il va s’inscrire dans la continuité des engagements pris historiquement par la Fédération Nationale, compte tenu que 2 des 7 membres du bureau ont été reconduits, dont le secrétaire et un vice président qui gardent les mêmes fonctions, qu’il a bénéficié des mêmes soutiens politiques sénatoriaux d’investiture, élargi du soutien de  la présidence du Conseil Régional des Hauts de France.

Fort de cette légitimité, le Président a annoncé vouloir rencontrer l’ensemble des candidats à la campagne présidentielle de 2017 afin  de s’assurer qu’ils respectent les orientations cynégétiques et la vision fédérale de la chasse de demain tant sur un plan national qu’européen, leur demander que l’état défiscalise la chasse pour la rendre plus accessible, vouloir défendre les intérêts cynégétiques dans sa pluralité et la ruralité en général.

La composition des différentes commissions aura lieu courant septembre et la politique générale de la FNC se précisera alors plus en détails. Il y a fort à parier que les premiers pas de l’Agence Française de la Biodiversité (AFB) soient observés et peut être même qu’une commission d’observation et d’approche lui soit consacrée…

Nombreux sont les chasseurs des Hauts de France qui l’ont côtoyé, tant à la chasse, que lors de réunions de défenses des intérêts cynégétiques, voire dans des manifestations publiques et les chasseurs des Hauts de France sont unanimes à reconnaître en lui un homme d’action et d’influence,  abordable et passionné de chasse, en capacité à mobiliser et à défendre tous les modes de chasse ; Que l’ensemble des chasseurs de France soit assuré de son engagement.

La rédaction présente ses félicitations au nouveau Président et ses remerciements aux membres de l’ancien bureau, dont son Président sortant.

Administrateur Liberty Chasse.

Lille, le 01.09.2016.

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