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Perdrix grise, chronique d'une mort annoncée ...

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Perdrix grise, chronique d'une mort annoncée. Quel avenir pour la chasse perdrix grise?

 

Chaque année, il pleut, il vente, il arrive même qu’il gèle encore parfois au plus profond de nos campagnes, alors pourquoi la perdrix grise se fait-elle si rare en nos plaines ? Pourquoi la dynamique de l’avifaune et la diversité animale en général décline toujours en France contrairement à celle du milieu forestier ?

A l’heure où la plupart des fédérations départementales nous alertent sur l’état de santé de la perdrix, à l’heure où les arrêtés préfectoraux reculent les dates d’ouverture de l’espèce et où les gestionnaires de chasse renoncent même à la prélever cette année, il nous paraissait intéressant de revenir sur plus de 30 années d’études scientifiques menées par différents acteurs qualifiés, sous l’égide de l’ONCFS.

Un premier rapport dit PEGASE, mené sur la « dynamique des populations de perdrix et leur environnement » publié fin 2012 était relativement circonstancié sur les causes du déclin de l’espèce et proposait 3 axes de réflexions aux gestionnaires de chasse pour mieux gérer leur maintien sur les territoires : l’aménagement de l’habitat, la limitation de la prédation et l’adaptation des pratiques agricoles ; l’analyse de l’écotoxycologie n’en était qu’à ses débuts et considérait alors son impact « peu prédominant » sur la dynamique des populations de perdrix.

Une seconde étude, publiée début 2014, soulignait la complexité des systèmes « population – environnement », elle soulignait l’impact indéniable de la météorologie sur le succès reproducteur de la perdrix sans pour autant en tirer de réels enseignements tant « la fréquence des mauvaises années (sous entendu de reproduction) et l’ampleur géographique du phénomène étaient des faits récents ». Les seules conditions météorologiques expliqueraient la variation du succès reproducteur d'une année sur l'autre à hauteur de 42,2%.

L’ONCFS se promettait d’y revenir et y est revenu en nous livrant début 2016 les résultats de sa dernière étude scientifique au titre révélateur :

« Les effets indésirables des produits phytopharmaceutiques ».

La perdrix est l’objet de l’étude car elle est un oiseau à forte productivité, grâce à une ponte moyenne de 14 à 15 œufs,  et surtout elle a cette capacité et volonté à se reproduire plusieurs fois dans une même saison si sa couvée est malheureusement détruite, ce qui en a fait ce gibier d’abondance et emblématique de nos plaines.

Et parce que la perdrix occupe principalement des zones de grandes cultures, que les poussins ont un régime alimentaire quasiment insectivore durant les premières semaines de vie, que les adultes consomment des fragments de végétaux, des graines de plantes adventives et cultivées ou des invertébrés ; la perdrix est particulièrement exposée à la nocivité de certaines molécules utilisées dans les produits de traitement phytopharmaceutiques, appelés plus communément produits phyto.

Dans son environnement actuel, seules 50 % des pontes éclosent et au moins 50% des poussins ayant vu le jour viendront à disparaître dans les 2 premières semaines qui suivent leur naissance.

Toujours selon les résultats de l’étude scientifique menée : 70% des pontes sont potentiellement exposées à au moins une substance de produits phyto ; 32 substances constituées de fongicides, herbicides, insecticides et de régulateurs de croissance seront pulvérisées sur les œufs ; 45% des œufs contenant des molécules des produits phyto sont contaminés sous forme de « cocktails » un mélange de produits parmi les 500 molécules utilisés dans les produits phyto ; certaines substances chimiques aujourd’hui interdites ont été retrouvées car persistantes dans l’environnement.

Les résultats de l’étude permettent à l’ONCFS d’affirmer le lien direct, jusqu’alors supposé, entre le déclin de la perdrix grise et l’utilisation de certaines molécules dans les produits phyto.

Il y a urgence à changer de comportement.

Ces effets sur la faune et les écosystèmes nous affectent car  Chasseurs, nous sommes  avant tout passionnés de nature. Garde au dernier laboureur à ne pas nous faire tomber en désamour avec la terre, car ses enfants faute d’y trouver un trésor caché pourraient s’y détourner et le laisser seul avec ses autres peines, sentant sa mort prochaine.

Retrouver l’ensemble de ces études sur le site de l’ONCFS.

 

Chasse perdrix grise / Administrateur Liberty Chasse

Lille – le 25.09.2016.

 

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